Généralités

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Le diclofénac est un anti-inflammatoire !

C’est très simple, certes, mais, avant de vous toucher quelques mots du diclofénac à proprement parler, il serait plaisant de revisiter rapidement ensemble la notion « d’inflammation ».

Celsuset, lorsque je dis « ensemble », pourquoi ne pas inviter à notre table ce médecin et écrivain antique, surnommé l’Hippocrate latin et le Cicéron de la médecine, j’ai nommé : Aulus Cornélius Celsus ?

N’est-ce pas lui après tout qui, il y a 2000 ans a décrit le premier les manifestations de l’inflammation en quatre termes latins ?... rubor, calor, tumor, dolor ! Je ne vous ferai pas l’affront de douter de votre connaissance du latin et la traduction de la définition de l’inflammation va, pour vous comme pour moi, à présent de soi : rougeur, chaleur, gonflement, douleur…  

Ainsi, si l’inflammation est connue depuis l’antiquité, et que les quatre termes latins de sa définition nous semblent évident, il convient de préciser que ce n’est qu’en 1858 que Rudolf Virchow précisa cette définition en y ajoutant un 5ème détail en latin : « functio laesa » : comme vous l’aurez peut-être traduit : « l’impotence fonctionnelle » !

Oublions le latin un instant !

L’inflammation est très clairement une réaction de défense immunitaire de notre organisme face à une agression (infection, brûlure, allergie…).

Notre organisme va tout simplement au combat pour lutter contre l’ennemi ! Et il agit en deux phases : dans un premier temps il s’occupe de logistique en organisant les voies pour envoyer les troupes sur le front et dans un deuxième temps c’est la guerre déclarée !

Médicalement parlant nous traduirons cette image en renommant ces deux phases :

1) phase vasculaire :

La vasodilatation locale a pour but d’augmenter la circulation du sang afin d’évacuer les cellules mortes et les toxines et d’apporter les éléments nécessaires à la guérison. C’est également évidemment la route qu’emprunteront les globules blancs (lymphocytes) pour aller bouter l’ennemi hors des frontières !

Ce gonflement local des vaisseaux sanguins provoque la rougeur et la sensation de chaleur, ainsi qu’un épanchement de l’eau du plasma sanguin vers les tissus, ce qui provoque l’œdème. Celui-ci comprime les nerfs alentours et provoque la sensation douloureuse… La boucle est bouclée et Celcus aurait dit : « rubor, calor, tumor, dolor » !

2) phase cellulaire :

Dans un souci de simplicité, nous occulterons cette phase violente ou nos globules blancs viendront se battre à mort contre l’ennemi…
… Oh, j’imagine bien, qu’en choisissant de mettre un voile pudique sur cette partie potentiellement choquante de l’histoire, certains de mes lecteurs, gourmands de toutes choses, m’en voudront un peu… Et puis zut, après tout, donnons leur raison pour une fois, et avouons leur l’inavouable de cette terrible phase cellulaire qui montre ainsi :

- dans un premier temps une margination leucocytaire
- dans un second temps un « Rolling » (interaction des leucocytes et des cellules endothéliales)
- dans un troisième temps une diapédèse (passage de la paroi endothéliale par les leucocytes qui viennent mettre une bonne pâtée à l’agresseur -> par adhésion cellulaire avec l’intermédiaire des intégrines et des molécules d’adhésion)

Voilà, les « voyeurs » seront contents ici ainsi aussi! (et réciproquement !)